MUR rejette et condamne la décision du ministère de l’Immigration

Posted on: February 21st, 2013 by noe arteaga

Mexicain-e-s Uni-e-s pour la Regularisation  MUR rejette et condamne la décision du ministère de l’Immigration du Canada d’avoir déclaré le Mexique comme un pays sûr le 14 février 2013 pour les raisons suivantes:

1. La guerre contre la drogue lancée au Mexique par l’ancien président Felipe Calderón est en vérité une guerre lancée contre le peuple. Cela implique la militarisation du pays, la répression systématique contre les luttes sociales et le démantèlement des acquis sociaux ainsi que des droits et libertés. Il est clair que ce n’est pas une guerre contre la drogue, mais qu’il s’agit plutôt d’une stratégie pour favoriser un secteur du narco avec lequel le régime et la classe politique ont un accord. Il n’y a aucune autre explication possible. Suite au nombre de personnes qui sont mortes (plus de 100.000, soit environ le même nombre que les pays connaissant une guerre civile sanglante tel Syrie), les voies d’affaires du narco restent intactes. Ce que nous voyons au Mexique est une situation de guerre civile qui a abouti à la dégradation des droits de la personne dans le pays.

2. Le gouvernement du Canada est complice de la situation qui existe au Mexique parce que:
a) Il y a des intérêts politico-économiques qui ne veulent pas reconnaître cette guerre civile sanglante. Il suffit d’observer quelques chiffres: la dépendance économique du Mexique envers les aliments importés a augmenté à 71% et ils proviennent majoritairement des marchés américain et canadien. Selon les experts, 21% du Mexique est entre les mains des entreprises minières canadiennes, qui ne paient pas d’impôts sur l’extraction des minéraux, tout en payant de bas salaires aux mineurs.
b) En outre, le gouvernement canadien est directement impliqué comme conseiller militaire auprès du gouvernement mexicain (avec Calderon, et maintenant avec Peña Nieto) dans la stratégie de cette guerre contre le peuple. De même, le gouvernement du Canada a une entente tripartite sur la Stratégie appelée Plan Merida pour assurer la sécurité en Amérique du Nord, ce qui démontre sa complicité avec la politique de guerre de l’état mexicain.
c) Il est pratiquement impossible que pour le type de relation que le Canada entretient avec le Mexique que le gouvernement canadien ne soit pas au courant de la situation réelle qui existe là-bas. Le Canada le sait parfaitement, mais il reste silencieux et il se cache pour assurer ses intérêts économiques dans le pays.

3. Durant la présidence de Felipe Calderón il a été déclaré que 100,000 personnes sont mortes entre 2006 et 2012, desquels 1,400 sont des enfants. De plus, 230 000 personnes ont disparu et entre 10,000 et 20,000 ont dû se déplacer.

4. Le Mexique est le troisième pays le plus dangereux pour les journalistes, tout de suite après l’Irak. L’ONU et L’CIDH ont même demandé l’arrêt immédiat des assassinats de journalistes au Mexique.

5. De plus, les hauts commissaires des Nations Unies et de la Commission internationale de Droits Humains ont déclaré que durant le gouvernement de Felipe Calderon, il y a eu au moins 63 défenseurs et militants des droits sociaux qui ont été tués (El Universal, Contralínea)

6. Chaque jour, il y a une augmentation importante de syndicalistes et d’étudiants qui sont tués en toute impunité.

7. L’ONU Femmes est inquiète et a déclaré: «Au Mexique, la violence historique faite aux femmes et la violence associées aux réseaux du crime organisé ont un impact sur la sécurité, la vie et la santé des Mexicaines. Les milliers de crimes faits aux femmes restent non résolus. Chaque jour, de quatre à cinq femmes sont assassinées dans le pays. Dans les 32 États, 4,379 feminicides ont été commis de 2007 à 2009. Il s’agit de chiffres officiels qui ont diffusé. Ce chiffre dépasse les crimes contre le genre féminin qui ont eu lieu au cours des trois premières années de gouvernance des présidents Salinas, Zedillo et Fox, et qui contraste également avec les 4,419 crimes enregistrés dans 17 États, de 2007 à 2012 comptabilisés par la Commission spéciale de la Chambre des Députés ».
http://contralinea.info/archivorevista/index.php/2012/03/15/mexico-cinco-feminicidios-al-dia/
8. Ceci est le résultat des politiques néolibérales qui, conjointement à la stratégie militaire du Mexique-États-Unis-Canada, a amené le pays à cette situation aberrante, qui, en plus, n’est pas reconnue.

9. Stephan Harper et Jason Keney ont les mains tachées de sang. À ce jour, nous connaissons trois cas de compatriotes qui ont été expulsés du Canada sous l’argument qu’ils étaient de faux réfugiés pour être, ensuite, assassinés au Mexique. Ces faits ont même été documentés dans les journaux, dont le Toronto Star. Nous connaissons l’existence de ces trois cas, mais il est tout à fait probable qu’il y en ait d’autres. Combien de cas de plus sont nécessaires pour que le gouvernement accepte ses erreurs? Combien de plus Messieurs Harper et Keney?
Nous voulons qu’ils sachent que la décision de mettre le Mexique sur la liste des pays sûrs équivaut à signer de nouvelles condamnations à mort. Nous croyons qu’ils sont coupables de ce qui peut arriver à toutes les familles mexicaines qui sont déportées tous les jours sous de fausses raisons.

10. Selon des données de la Banque Mondiale, le Mexique a été l’un des pays produisant le plus d’émigrants depuis 1990, principalement de 2000 à 2005 où plus de 2 millions de personnes ont quitté le Mexique pour essayer de trouver du travail aux États-Unis. Il s’agit d’une augmentation comparativement à la période de 1990 à 1995 où 1 million 800 mille personnes ont quitté le pays. En se basant sur les Indicateurs du Développement mondial, qui regroupe des données des 185 pays associés, présents le phénomène migratoire dans un contexte mondial. Ainsi, l’augmentation du mouvement de personnes qui traversent la frontière nord du Mexique l’a converti comme étant le pays ayant la plus grande population vivant à l’étranger, au-devant de la Chine, du Pakistan ou de l’Inde. Ces chiffres ont augmenté avec la gravité de la situation interne du pays depuis les sept dernières années.
(http://www.jornada.unam.mx/2007/04/16/index.php?section=politica&article=003n1pol)

11. Il paraît ridicule et presque offensant que sur cette nouvelle liste le Mexique se retrouve au côté de la Norvège, du Japon ou de la Finlande qui ont des taux de pauvreté parmi les plus bas et de haut taux de revenu pour capita. Est-ce nécessaire de rappeler que plus de 40 millions de personnes vivent au Mexique avec un dollar par jour?

La triste décision du gouvernement du Canada d’inclure le Mexique dans la liste des pays sûrs est une lamentable excuse pour faire un nettoyage des Mexicains établis au Canada, après les avoir utilisés comme main-d’œuvre bon marché et pour ensuite les jeter comme s’ils étaient des choses ou des marchandises périmées.

C’est pour toutes ses raisons que nos revendications sont aujourd’hui plus valides que jamais : Une réforme légale urgente pour que s’établisse une régularisation pour toutes et tous les immigrants au Canada, incluant les Mexicains. Ce moratoire doit garantir l’accès aux services de base que sont l’éducation et la santé, spécialement pour les enfants immigrants.

NOUS SOMMES ICI ET NOUS NE PARTIRONS PAS!Copyleft

MEXICAIN-E-S UNI-E-S POUR LA RÉGULARISATION

 

 

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