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Des organisations québécoises et canadiennes manifestent leur profonde préoccupation concernant la répression violente de l’État mexicain contre sa population civile

Posted on: June 5th, 2015 by unidos

Élections au Mexique: des organisations québécoises et canadiennes manifestent leur profonde préoccupation concernant la répression violente de l’État mexicain contre sa population civile

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Montréal, Québec, 5 juin 2015. Le dimanche 7 juin sera un jour d’élections au Mexique. Les gouverneurs de 9 entités fédérales, les autorités municipales et les députés locaux de 17 États et des députés fédéraux dans l’ensemble du pays seront élus. La présente période électorale a été particulièrement violente avec l’assassinat de 20 candidats dans 10 États. 6 personnes civiles ont aussi perdu la vie, 4 à Ixcaputzalgo, au Guerrero, et 2 à Peto, au Yucatán, et 6 autres ont gravement été blessées lors des affrontements de Peto au Yucatán. De plus, 70 enlèvements et menaces d’extorsion et de mort commis par des groupes armés liés à des intérêts électoraux ont été recensés. Dans au moins 6 États (Chiapas, Guerrero, Michoacán, Oaxaca, Puebla et Veracruz), des délégations de l’Institut National Électoral (INE) ont fait l’objet d’attaques de groupes dissidents lors desquelles du matériel électoral a été détruit ou brûlé, en particulier au Guerrero et à Oaxaca.

Alors qu’une forte crise des droits humains sévit au pays, dévoilée au niveau international en raison des mobilisations de la société civile pour réclamer justice pour les 43 étudiants disparus en septembre dernier, mais aussi avec les récents massacres et exécutions extrajudiciaires ayant impliqué les forces armées, la police fédérale et/ou la police municipale à Tlatlaya, Apatzingán y Tanhuato; diverses organisations de la société civile mexicaine ont lancé un appel à suspendre les élections jusqu’à ce que réapparaissent en vie les 43 étudiants de l’École normale rurale d’Ayotzinapa, qui ont été enlevés par les forces policières locales avec l’implication de la police fédérale et l’armée. Ce cas emblématique s’ajoute à plus de 24 000 cas de disparitions depuis 2006, avec une moyenne de 13 disparitions par jour depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement de Peña Nieto, ainsi qu’à plus de 100 000 assassinats et 250 000 déplacements forcés pendant cette période.

Dans un communiqué du 1er juin 2015, le Conseil populaire de Tixtla a dénoncé le harcèlement et la persécution dont fait l’objet l’organisation de la part du gouvernement mexicain, au moyen de l’infiltration de la police ministérielle vêtue en civil pour surveiller et intimider les personnes liées à son organisation. D’autre part, le Comité des étudiants de l’École normale rurale d’Ayotzinapa a dénoncé le 2 juin 2015 une irruption dans l’établissement de la police fédérale, qui a arrêté 3 étudiants de manière arbitraire. Par la suite, les étudiants ont été libérés après 24 heures en raison des pressions citoyennes. Le mercredi 3 juin, plus de 1 000 policiers fédéraux étaient postés près de l’École normale d’Ayotzinapa et ils ont attaqué, à Titxla, Guerrero, un autobus se dirigeant à Chilpancingo avec à bord des étudiants et des membres des familles des 43 étudiants disparus. Cette attaque a fait plusieurs blessés.

Ensuite, des organisations civiles ont constaté depuis le mardi 2 juin l’arrivée de tanks militaires dans les États du Guerrero et de Michoacán, images dignes d’un pays en guerre. Jusqu’à présent, le gouvernement mexicain a privilégié la voie de l’intimidation, de la répression et de la torture pour résoudre le conflit et juger les détenus, comme le signale le Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, Juan Méndez, dans son rapport sur le Mexique publié en décembre 2014.

À la lumière des faits mentionnés et de tant d’autres qui attestent de la politique actuelle de criminalisation de la contestation sociale et de répression de la part du gouvernement mexicain, les organisations signataires manifestons notre profonde préoccupation concernant les mesures antidémocratiques, la répression et les éventuels actes de torture et assassinats qui pourraient être commis par le gouvernement mexicain sous le prétexte du maintien de l’ordre lors des élections du dimanche 7 juin 2015 et exigeons que cessent immédiatement les abus des forces policières et que le droit soit respecté. Ce faisant, nous demandons à la communauté internationale de demeurer vigilante face à l’évolution de la situation et de dénoncer publiquement tout acte de répression commis par des organes liés au gouvernement mexicain.

 

Contact :

Comité pour les droits humains en Amérique latine – 514-358-2227 – coordo@cdhal.org

 

Sources:

Centro de medios libres. “3 de junio ALERTA AYOTZINAPA: Continua y arrecia el sitio y represión federal a escuela normal Isidro Burgos”. Consulté le: 3 juin 2015. http://www.centrodemedioslibres.org/2015/06/03/3-de-junio-alerta-ayotzinapa-continua-y-arrecia-el-sitio-y-represion-federal-a-escuela-normal-isidro-burgos/

Elecciones en México. Consulté le: 3 juin 2015. https://ciudadania.ife.org.mx/portalElenmex2010/mapa.do?metodo=cargaDatos .

Proceso. “Elecciones 2015, el sello de la violencia”. 2 de junio del 2015.  Consulté le: 3 juin 2015.  http://www.proceso.com.mx/?p=406191

Proceso. “Con Peña Nieto, 13 desaparecidos al día”. 7 de febrero del 2015. Fecha de consulta: 3 de junio del 2015. http://www.proceso.com.mx/?p=395306

Regeneración Radio. Consulté le: 3 juin 2015. http://regeneracionradio.org/index.php/portada/item/4578-comunicado-del-consejo-popular-de-tixtla-guerrero

Informe México. Consulté le: 3 juin 2015. http://www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=A/HRC/28/68/add.3

http://www.centrodemedioslibres.org/2015/06/03/3-de-junio-alerta-ayotzinapa-continua-y-arrecia-el-sitio-y-represion-federal-a-escuela-normal-isidro-burgos/

 

Signataires

Association des travailleurs et des travailleuses d’Agence d’emploi (ATTAP)

BC Teachers’ Federation

Carrefour international bas-laurentien pour l’engagement social (CIBLES)

Cambridge Mexico Solidarity (Unites States)

Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTI)

Coalition québécoise sur les impacts socio-environnementaux des transnationales en Amérique latine

CoDevelopment Canada

Colectivo de Inmigrantes Españoles en Montréal- CIEM

Comité pour les droits humains en Amérique latine

Comité de solidarité québécoise avec Ayotzinapa

Commons Frontiers

Consejo Indígena Popular de Oaxaca-Vancouver

Costureras de sueños-Montréal

Groupe de recherche sur les espaces publics et les innovations politiques de l’Université du Québec à Montréal (GRÉPIP)

Québec Solidaire

Mexicain-e-s Uni-e-s pour la Régularisation

Bloc d’artistes du CTI

Ligue des droits et libertés

L’OBSERVATOIRE CRITIQUE DE DROITS HUMAINS DES IMMIGRANT-E-S (OCDHII)

MiningWatch Canada

Observatorio Crítico de Derechos Humanos para los Inmigrantes
Sussex Mexico Solidarity (England)

Nous n’inventons pas l’existence des morts, pas plus que la peur.

Posted on: November 17th, 2014 by unidos

Montréal, le 9 novembre 2014

 

Steven Harper, Premier Ministre
Chris Alexander, Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration
Steven Blaney, Ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile
Le Canada doit retirer le Mexique de la liste des pays d’origine désignés (POD) – pays sûrs pour les réfugiés. Depuis la signature de l’Accord de libre-échange nord-américain en 1994, 20 millions de Mexicains ont été contraints de migrer, de peur de mourir aux mains du crime organisé ou du gouvernement répressif, à la recherche d’une vie sûre dans des pays tels que le Canada. De surcroit, les minières canadiennes installées au Mexique , par leurs activités, le déplacement, la pauvreté, la violence, les catastrophes naturelles, l’effondrement social et la mort au Mexique!

Il est politiquement et humainement immoral que le gouvernement canadien considère le Mexique comme partenaire d’échange dans le cadre de l’ALENA. Jason Kenney, ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration a déclaré officiellement en février 2013 (1) : «Cette décision va décourager les faux demandeurs d’asile qui essaient de profiter d’un système qui leur permet de rester au Canada pendant des années, même si leurs demandes sont rejetées.”

Et que dire des six personnes sauvagement assassinées dernièrement (3 étudiants, l’un d’eux, Julio Cesar Mondragon, a été trouvé les yeux arrachés) ou des 43 étudiants d’Ayotzinapa (dans l’état du Guerrero), qui sont toujours portés disparus et dont la disparition est clairement liée au crime organisé via la police locale et l’armée, qui agissent ainsi en toute impunité (2). Il est aussi question de la douleur et de la terreur que les familles vivent après avoir reçu des menaces de mort lorsqu’elles ont exigé publiquement que leurs enfants leurs soient rendus en vie: “Vivants ils ont été pris, vivants nous les voulons.”

Nous parlons également des plus de 130 000 Mexicains qui ont été tués (3 – y compris des enfants et des femmes enceintes- entre 2007 et 2013; des 36 718 personnes qui sont mortes de la violence dans les vingt premiers mois de l’administration de l’actuel Président Enrique Peña Nieto; des 26 000 personnes disparues de 2005 à ce jour (4); des 102 journalistes tués depuis 2000 ; des 24 disparus officiellement et des 222 agressés en 2014 (5). Nous parlons également des 22 personnes tuées – dont 3 enfants – aux mains de l’armée dans Tlatlaya, État de Mexico (6) ; Nous parlons aussi de Lucia Jiménez Vega cette migrante mexicaine âgée de 42 ans qui s’est suicidée à l’aéroport de Vancouver alors qu’elle était en garde à vue au centre de détention pour migrants de l’Agence des services frontaliers – ASFC, le 20 décembre 2013, (7). Elle fuyait le Mexique, pays de violations des droits humains.

Le Mexique fait face à 4 841 cas de torture déclarés et 9 758 cas de migrants enlevés, dont 158 cas sont collectifs, avec pas moins de 50 victimes chacun (8) et des plus de 6 femmes tuées chaque jour (9), et des 49 enfants qui sont morts dans l’incendie de la garderie ABC en 2009, tragédie évitable dont les parents n’ont toujours pas reçu justice (10).
Cela représente une partie des innombrables fosses pleines de corps démembrés qui ont été découvertes lors de la fouille d’élèves, une réalité de la vie pour les Mexicains, que le Canada ne reconnaît pas! Plus de 100 universités et plus de 103 organisations internationales dans le monde entier, le Congrès européen (11), l’ONU, la Commission interaméricaine des droits de l’homme de l’OEA (12) ainsi que le gouvernement américain, ont ouvertement admis et exprimé leurs préoccupations au sujet des violations des droits de l’homme au Mexique. Mais le Canada est encore silencieux !
Andrés Barreda, garant du Tribunal permanent des peuples chapitre Mexique (13) (TPP), a déclaré lors d’une entrevue: « Pourquoi le gouvernement canadien commenterait-il les événements de Ayotzinapa quand les sociétés minières canadiennes qui travaillent dans l’état du Guerrero là où se trouve la plus grande ceinture d’or du pays, n’ont rien dit. Ceci est un scandale, et ce silence, remarquablement très suspect. Nous savons que le trafic de drogue liée à l’exploitation minière est territoriale et géopolitique. Il terrorise la population et augmente la vulnérabilité des habitants locaux qui sont privés de leurs terres ou de ressources stratégiques telles que l’or, le fer, l’argent, le manganèse. Les minières sont impliquées dans le trafic de la drogue, le blanchiment d’argent “.
* Le Canada devrait revoir sa politique d’immigration et de protection des réfugiés (14) et rectifier sa liste des pays d’origine désignés (15).

Bien que nous élevions nos voix en faveur du Mexique, il n’est pas le seul pays à être considéré à tort sur la liste des pays d’origine désignés. Nombreux sont les citoyens de plusieurs pays qui souffrent d’atrocités similaires, y compris dans des cas liés à l’exploitation minière.
* Les employés, les agents et les juges CIC (Citoyenneté et Immigration Canada) et de la CISR (Commission de l’immigration et du statut de réfugié) rejettent les demandeurs d’asile en vertu de l’argument offensif qui dit que «nos présidents et les autorités mexicaines travaillent à assurer la sécurité,». Dans les faits, l’ASFC déporte les demandeurs d’asile à leur domicile “sûr”, souvent dans des conditions catastrophiques qui mènent … à la mort. La Mexicaine Veronica Castro a été trouvé mortes quelques jours après avoir été renvoyé au Mexique par l’ASFC (16).
Le Mexique n’est pas un pays sûr, c’est bien pour cela que le gouvernement du Canada met en garde ses citoyens des dangers de voyager au Mexique!

 

https://www.change.org/p/conservative-government-remove-mexico-from-the-refugee-list-of-safe-countries

Endorsement:

No One is Illegal-Vancouver, Mexicanos Unidos por la Regularización, Justicia for Migrant Workers, National Assembly for Environmental Affected, Solidaridad Sin Fronteras, Immigrant Workers Centre,Legacy of Equality, Leadership and Organizing, Radical Desi, Café Rebelde, Simon Fraser Public Interest Research Group, Comité Cerezo México, Building Bridges-Human Rights Vancouver, Vancouver South Cultural Project, Nuestras Hijas de Regreso a Casa (including the Mexican activists Humberto Robles, Marisela Ortíz and Malú García Andrade), the actresses Ana Colchero, Francisca Guillén y Pilar Ixquic Mata, the song-writer Michelle Solano,  the independent journalists Edgar Rocha and Dawn Paley, also Patricia Paul, judge during the pre-hearing of the Permanent People’s Tribunal, Chapter Mexico, about Migration, Refuge and Forced Displacement.